vendredi 6 juin 2008

Législation et verres correcteurs

Renouvellement de la prescription de lunettes par l’opticien
(par Matthew Robinson droit-medical.net )
Du médiatique à l’application des décrets

Explosion médiatique après la parution des décrets, en avril 2007, clarifiant les nouvelles possibilités offertes aux opticiens-lunetiers en matière de renouvellement d’une prescription de verres correcteurs. Du fantasme à la réalité, il y a bien souvent un gouffre. Il est apparu nécessaire d’étudier ce que la loi autorise réellement.

Commençons par le commencement ! Si vous avez plus de seize ans, tout opticien pouvait et peut toujours vous vendre une paire de lunettes au moment où vous le désirez. C’est la prise en charge de ces lunettes qui pose problème. Les délais d’attente chez l’ophtalmologiste, nés d’une volonté politico-économique, n’ont été qu’un prétexte à l’évolution législative. Ces délais, dus à une diminution du nombre de médecins, ont été constitués pour nuire à la facilité d’accès aux soins dans l’espoir de réduire les dépenses de santé. Cuisant échec ! Après avoir remercié de très nombreux candidats à la première année de médecine en France, la politique est brutalement corrigée par l’accroissement du nombre d’étudiants sur les bancs de la Faculté et par l’appel massif à des médecins formés à l’étranger.
Ce qui compte aux yeux du patient loin de ces considérations citoyennes, c’est le délai pour obtenir le papier lui accordant le remboursement de sa monture et de ses verres correcteurs, sa santé oculaire n’étant que secondaire si l’on en croit l’évolution de la loi. Le patient va maintenant pouvoir être remboursé de ses lunettes qui ne lui plaisent plus ou de ses verres de plus ou moins bonne qualité, rayés par manque de soins, sans lâcher son caddie dans la galerie marchande et sans risque que l’ophtalmologiste lui dépiste une maladie dont il se passe très bien. Progrès en termes de santé publique ? Impact sur le plus grand nombre en période électorale ? Difficile de croire en la démagogie du pouvoir législatif face aux enjeux de santé publique...

Tout n’est pas si simple

La loi n’est pas rétroactive. Si l’assurance maladie et les opticiens la respectent, il ne sert à rien de vous précipiter, puisque seules les prescriptions faites par un ophtalmologiste après la date de parution au Journal Officiel, soit le 14 avril 2007, sont censées être concernées. Cette évidence semble échapper involontairement ou, bien plus souvent, volontairement aux médias ou aux différents intervenants du monde de l’optique. L’intérêt du patient est-il vraiment à l’origine de ce fâcheux oubli ?

Autre point important : les décrets ne sont qu’un complément aux articles L4362-1 à L4362-11 du Code de la santé publique.
Plus particulièrement aux trois derniers que nous reprenons ici (tableau 1).

Article L4362-9
(Loi nº 2005-102 du 11 février 2005 art. 81 I Journal Officiel du 12 février 2005)

Les établissements commerciaux dont l’objet principal est l’optique-lunetterie, leurs succursales et les rayons d’optique-lunetterie des magasins ne peuvent être dirigés ou gérés que par une personne remplissant les conditions requises pour l’exercice de la profession d’opticien-lunetier.
Le colportage des verres correcteurs d’amétropie est interdit.
Aucun verre correcteur ne pourra être délivré à une personne âgée de moins de seize ans sans ordonnance médicale.

Article L4362-10

(inséré par Loi nº 2006-1640 du 21 décembre 2006 art. 54 II Journal Officiel du 22 décembre 2006)

Les opticiens-lunetiers peuvent adapter, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de trois ans dans des conditions fixées par décret, à l’exclusion de celles établies pour les personnes âgées de moins de seize ans et sauf opposition du médecin.
L’opticien-lunetier informe la personne appareillée que l’examen de la réfraction pratiqué en vue de l’adaptation ne constitue pas un examen médical.

Article L4362-11

(inséré par Loi nº 2006-1640 du 21 décembre 2006 art. 54 II Journal Officiel du 22 décembre 2006)

Les opticiens-lunetiers sont tenus de respecter les règles d’exercice et, en tant que de besoin, d’équipement fixées par décret.

Tableau 1. Les trois derniers décrets.


La loi dispose donc clairement que les enfants de moins de seize ans ne sont pas concernés par l’adaptation. Elle dispose que l’opticien n’intervient que dans le cadre d’un renouvellement d’une prescription médicale, datant de moins de trois ans, et que le médecin peut s’opposer à l’intervention de l’opticien. C’est l’ordonnance qui doit dater de moins de trois ans et non les lunettes. Même si l’opticien a renouvelé vos lunettes il y a un an, par exemple, mais que l’ordonnance qui lui a permis de le faire a plus de trois ans au moment où vous revenez le voir, il ne pourra pas renouveler à nouveau les lunettes. Le patient doit, bien entendu, être une mesure de fournir l’ordonnance initiale qu’il faudra dorénavant conserver avec soin.

Pas de droit de prescription pour l’opticien

L’opticien n’avait et n’a toujours pas le droit de prescription. Il a la possibilité de renouveler et d’adapter lors du renouvellement une prescription de verres correcteurs si l’ophtalmologiste a considéré que l’état de santé du patient le permettait au moment de ladite prescription. Ce n’est pas une nuance, car il est clair que les opticiens-lunetiers qui effectueront un renouvellement ou une adaptation en dehors du cadre législatif ou en bravant une mention « non renouvelable » ou « non adaptable » verront leur responsabilité engagée au moindre problème. On peut compter sur les assureurs en responsabilité civile de ces derniers et sur les juges pour le leur rappeler très vite.

La loi précise bien que l’examen de vue réalisé par l’opticien n’est pas un examen médical. Celui qui voudra jouer à l’apprenti médecin risque lui aussi d’être sanctionné sévèrement. Affoler le patient sur son état de santé oculaire, dans le seul but de lui vendre une paire de lunettes, finira pour se retourner contre les rares opticiens qui pratiquent ainsi.

Le décret du 13 avril 2007 (tableau 2) réaffirme la possibilité pour l’ophtalmologiste de s’opposer à l’adaptation lors du renouvellement de sa prescription. L’ordonnance de lunettes n’est alors valable qu’une fois.

Article 1

Dans le cadre d’un renouvellement, l’opticien-lunetier peut adapter la prescription médicale des verres correcteurs à condition que le prescripteur n’ait pas exclu la possibilité d’adaptation par une mention expresse portée sur l’ordonnance.

Pour les patients atteints de presbytie, les dispositions de l’alinéa précédent s’appliquent sous réserve que le médecin ait prescrit la première correction de ce trouble de la vision.

L’opticien-lunetier est tenu d’informer le médecin prescripteur lorsque la correction est différente de celle inscrite dans l’ordonnance initiale.

Article 2

L’opticien-lunetier est identifié par le port d’un badge signalant son titre professionnel.

Article 3

L’opticien-lunetier déterminant la réfraction reçoit le patient dans l’enceinte du magasin d’optique-lunetterie ou dans un local y attenant, conçu de façon à permettre une prise en charge dans les bonnes conditions d’isolement phonique et visuel.

Les locaux sont équipés de manière à ce que l’intimité du patient soit préservée.

Article 4

L’opticien-lunetier s’interdit toute publicité et toute communication destinée au public sur sa capacité à déterminer la réfraction. [...]

Tableau 2. Décret n° 2007-553 du 13 avril 2007 relatif aux conditions d’adaptation de la prescription médicale initiale de verres correcteurs dans le cadre d’un renouvellement et aux règles d’exercice de la profession d’opticien-lunetier.


Adapter ne veut pas dire modifier

L’opticien ne peut pas modifier la prescription d’un ophtalmologiste qui vient d’être effectuée. Concernant une nouvelle prescription, les nouveaux décrets ne changent rien : si l’opticien constate une anomalie dans la prescription, il est de son devoir d’en informer le médecin qui valide ou non. C’est ce que fait la très grande majorité des opticiens. L’opticien qui change une prescription médicale qui vient d’être donnée au patient, sans demander l’avis du praticien, engage sa responsabilité.
Comme le pharmacien vérifie la cohérence de la prescription du médecin et l’appelle en cas de doute, l’opticien-lunetier, en tant que professionnel de santé, fait de même. La loi dispose que l’opticien informera le praticien lorsqu’il adaptera la prescription initiale datant de moins de trois ans. Il en est de l’intérêt du patient, afin que son dossier soit à jour.

Concernant le patient qui commence, vers l’âge de 45 ans en moyenne, à devoir éloigner ce qu’il veut lire ou à être gêné dans les travaux de près, qu’il porte ou non déjà des lunettes, il doit obligatoirement voir ou revoir un ophtalmologiste. C’est ce que dispose la loi en matière de presbytie. Pour obtenir sa première paire de demi-lune ou de progressifs, le patient passe obligatoirement par la case médecin. On peut penser que le législateur a voulu conserver un minimum de place au dépistage, en particulier du glaucome, grâce à cette disposition. La loi est claire : ce n’est pas l’opticien qui fait d’abord les lunettes et l’ophtalmologiste qui contrôle ensuite ; c’est le médecin qui fait la prescription, après examen, permettant d’obtenir la paire de lunettes corrigeant la presbytie. Par la suite, le patient aura la possibilité de s’adresser à l’opticien pour renouveler ses lunettes si la prescription date de moins de trois ans.

L’opticien-lunetier doit maintenant porter un badge. Voilà un progrès pour le patient-consommateur qui saura, de façon claire, qui s’adresse à lui. Le client pouvait être jusque-là perdu dans certains magasins d’optique. Cette transparence ne peut être que bénéfique.

Un local bien vide

L’opticien va devoir investir pour être en conformité avec la loi. Il lui faut au sein de son établissement un local adapté et peut-être même plusieurs s’il ne veut pas décevoir les clients pressés. Va-t-il, s’il est seul et ne pouvant déléguer l’examen à un employé non diplômé, instaurer un carnet de rendez-vous pour les jours de forte fréquentation ?

Que trouvera-t-on dans ce local, d’ailleurs ? Les décrets laissent en l’état la jurisprudence actuelle. L’opticien-lunetier fait son examen de vue grâce à la lunette-refractor (lunette d’essai), seul appareil qu’il était autorisé à utiliser. La jurisprudence évoluera-t-elle vers la possibilité d’utiliser un kérato-réfractomètre automatisé et un réfracteur (ou phoroptère) qui sont des appareils pouvant aider à adapter la réfraction ? C’est possible, mais l’opticien n’a qu’une prescription à adapter. Il a une solide base de départ et donc rien ne prouve que la jurisprudence doive évoluer et ce même avec l’Arrêté du 13 avril 2007 "modifiant l’arrêté du 6 janvier 1962 fixant la liste des actes médicaux ne pouvant être pratiqués que par des médecins ou pouvant être pratiqués également par des auxiliaires médicaux ou par des directeurs de laboratoire d’analyses médicales non médecins" où l’utilisation du matériel permettant de réaliser la réfraction n’était réservée qu’aux seuls médecins.

Une chose est évidente : l’utilisation de la lampe à fente (biomicroscope) et du tonomètre (appareil permettant de mesurer la pression intraoculaire) est toujours interdite à l’opticien-lunetier. Ces appareils ne servent en rien à derterminer une réfraction. L’adaptation des lentilles de contact reste aussi un acte purement médical selon un principe de sécurité pour la santé publique [1].

Publicité et remboursement

Juste prolongement de la convention opticiens-assurance maladie où des restrictions sur la publicité existent déjà, l’interdiction de communiquer sur la réfraction est maintenant dans la loi. Quand on connaît le mépris actuel, dans le monde de la publicité pour l’optique, concernant cette convention, c’est avec un petit sourire que l’on accueille ce voeu pieux [2].

Voyons enfin, le point qui intéresse le plus le patient : les lunettes vont-elles être prises en charge par l’assurance maladie ? Vais-je y avoir droit ?


La réponse est oui. Tout a été prévu (tableau 3).

Article 1

L’article R. 165-1 du code de la sécurité sociale est ainsi modifié : [...] 2° Après le premier alinéa, il est inséré un deuxième alinéa ainsi rédigé : « Peuvent également être remboursés par l’assurance maladie les verres correcteurs et, le cas échéant, les montures correspondantes, inscrits sur la liste prévue à l’article L. 165-1, délivrés par un opticien-lunetier en application de l’article L. 4362-10 du code de la santé publique. A chaque renouvellement, l’opticien-lunetier mentionne sur la prescription la nature des produits délivrés et la date de cette délivrance. » [...]

Tableau 3. Décret n° 2007-551 du 13 avril 2007 relatif à la prise en charge des dispositifs médicaux prescrits par les infirmiers ou adaptés par les opticiens-lunetiers et modifiant l’article R. 165-1 du code de la sécurité sociale.


Comme pour le renouvellement d’une ordonnance de médicaments, l’opticien indiquera sur celle-ci ce qu’il a délivré et quand il l’a fait. Comme nous l’avons déjà vu, le patient doit être en possession de son ordonnance.

(source droit-medical.net mardi 24 avril 2007 - Matthew Robinson)

renouvellement des lunettes au journal officiel

Article L4362-9
(Loi nº 2005-102 du 11 février 2005 art. 81 I Journal Officiel du 12 février 2005)

Les établissements commerciaux dont l’objet principal est l’optique-lunetterie, leurs succursales et les rayons d’optique-lunetterie des magasins ne peuvent être dirigés ou gérés que par une personne remplissant les conditions requises pour l’exercice de la profession d’opticien-lunetier.
Le colportage des verres correcteurs d’amétropie est interdit.
Aucun verre correcteur ne pourra être délivré à une personne âgée de moins de seize ans sans ordonnance médicale.

Article L4362-10

(inséré par Loi nº 2006-1640 du 21 décembre 2006 art. 54 II Journal Officiel du 22 décembre 2006)

Les opticiens-lunetiers peuvent adapter, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de trois ans dans des conditions fixées par décret, à l’exclusion de celles établies pour les personnes âgées de moins de seize ans et sauf opposition du médecin.
L’opticien-lunetier informe la personne appareillée que l’examen de la réfraction pratiqué en vue de l’adaptation ne constitue pas un examen médical.

Article L4362-11

(inséré par Loi nº 2006-1640 du 21 décembre 2006 art. 54 II Journal Officiel du 22 décembre 2006)

Les opticiens-lunetiers sont tenus de respecter les règles d’exercice et, en tant que de besoin, d’équipement fixées par décret.

mardi 15 avril 2008

Déremboursement de l'optique, suite...

News du 15/04/2008 17:47
Déremboursement : face à la grogne, Roselyne Bachelot revient sur ses propos

Souhaitant éteindre la polémique suscitée par sa déclaration, dimanche 13 avril, évoquant l'hypothèse d'un déremboursement de l'optique par la Sécurité sociale, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a souligné aujourd'hui qu'une réflexion avait bien été lancée mais pour "au contraire renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d'optique" pour les "concitoyens les plus modestes" et entamer une concertation avec les acteurs concernés. Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, elle a dénoncé une "polémique ridicule", se demandant "où les commentateurs étaient allés trouver cette affaire". "A aucun moment je n'ai retrouvé trace de ce qui a été dit" a-t-elle affirmé en ajoutant qu' il "convient de ne pas opposer qualité des soins et bonne gestion parce que c'est la qualité des soins qui permet la bonne gestion et c'est la bonne gestion qui nous permettra de financer ce qui est souhaitable".

Tirs de barrage dans la filière visuelle

Ses propos avaient suscité immédiatement de vives réactions, notamment de l'Asnav et de la Mutualité Française, qui craignent qu'un tel désengagement nuise gravement, le cas échéant, à la santé visuelle des Français.
Les ophtalmologistes sont également venus gonfler les rangs des protestataires. Dans un communiqué, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) a indiqué "s'associer à la réprobation unanime qui accueille les récentes déclaration du ministre de la Santé". "Le déremboursement (...) entraînerait au contraire des coûts supplémentaires et une triple régression" : régression dans la solidarité et dans l'accès aux équipements optiques (notamment pour les moins de 18 ans et les bénéficiaires de la CMU), régression dans les garanties pour l'usager (qui ne bénéficierait plus régulièrement des conseils avisés de l'ophtalmologiste) et régression pour la santé publique, avec les dépenses qui seraient engendrés par les maladies cécitantes non décelées à temps.
Le Snof dénonce également "l'inconséquence" des annonces du Roselyne Bachelot, "car c'est en avril 2007 qu'elle a elle-même fait paraître deux décrets visant à faciliter l'accès des assurés sociaux au renouvellement de leur équipement optique". "En donnant la parole aux usagers à l'occasion des Etats généraux de la vue" qu'ils organisent le 17 avril, "les Ophtalmologistes de France participent au refus unanime de la démédicalisation des lunettes : la santé de la vue est un enjeu de santé publique" conclut le communiqué.
Alain Gerbel, Président de la Fnof (Fédération Nationale des Opticiens de France) a pour sa part garanti sur RMC qu'une baisse de la TVA, de 19,6% à 5,5%, des équipements optiques ferait "immédiatement baisser les prix de 15%"

Les syndicats montent au créneau

Les syndicats de travailleurs ont aussi condamné les propos de la ministre. La CGT qualifie de "très mauvaise et scandaleuse" l'idée de retirer à la Sécurité sociale le droit de rembourser l'optique, qui "annonce un nouveau coup détestable". "La CGT mesure la gravité de la déclaration et les conséquences qu'aurait ce transfert de financement pour les salariés, les assurés sociaux et la Mutualité" poursuit-elle. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, estime que ce projet était "une première pierre vers d'autres déremboursements totaux", et constituait une "remise en cause des droits".
Aujourd'hui, l'Asnav a de nouveau réagi dans de nombreux médias. Sur l'Express.fr, son vice-Président Christian Roméas précise que "Roselyne Bachelot n'a parlé que de l'aspect financier du déremboursement, et oublie qu'un désengagement serait synonyme de démédicalisation. Chaque complémentaire serait libre de proposer des équipements selon ses propres critères". Il demande désormais "une table ronde avec le gouvernement", comme le souhaite également la Mutualité française. "Négocions avant de faire des déclarations. Je demande que l'on essaye de faire une analyse détaillée de la situation pour trouver des solutions communes" réclame son Président Jean-Pierre Davant.

La suggestion du gouvernement, qui a fait bondir l'opposition, ne fait pas non plus l'unanimité à droite. Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, a ainsi soulevé le problème des personnes n'ayant pas de complémentaires, qui totalisent 8% de la population.

source: www.acuite.fr

mobilisation nationale contre le déremboursement de l'optique

21/02/2008
La filière de la santé visuelle appelle à une mobilisation nationale contre le déremboursement de l'optique

Alors que Nicolas Sarkozy envisage de transférer la prise en charge de certaines dépenses de santé, dont l'optique, vers les complémentaires santé, la filière visuelle appelle à une mobilisation générale contre ce possible déremboursement. L'Asnav (Association Nationale pour l'Amélioration de la Vue), le Conseil Interprofessionnel de l'Optique (CIO, qui regroupe le Gifo, la Fnof et le Synope), le Snof (Syndicat National des Ophtalmologistes de France) et le Syndicat National des Orthoptistes ont lancé ce matin un appel commun, sous le slogan "Bien voir, c'est obligatoire". Son but : alerter l'opinion sur l'importance d'une filière de santé visuelle de qualité, coordonnée et sécurisée, par le biais d'un manifeste ouvert à signature. Un site internet est dédié à l'opération : www.valeurs-de-civilisation.com.

"La vue est notre sens premier. Un pays qui n'accorderait pas une place importante à la santé visuelle est un pays sans valeurs de civilisation. Nous sommes déjà les parents pauvres de la santé en France : aucune campagne de prévention n'est menée par l'Etat et nous ne sommes jamais invités à participer aux réflexions sur la santé en France. Un désengagement de l'Assurance Maladie aggraverait cette situation et conduirait à une démédicalisation du secteur" a souligné Bertrand Roy, Président de l'Asnav. "En cas de déremboursement, les soins dépendraient du pouvoir d'achat et du niveau de vie de chacun. Cela induirait également de ‘l'automédication', donc des problèmes de dépistage et une augmentation des pathologies oculaires" a ajouté Bertrand de Limé, Vice-Président de l'Asnav et co-Président du CIO. Le Professeur Jean-Claude Hache, ophtalmologiste, a quant à lui insisté sur la nécessité absolue de préserver le remboursement des équipements optiques pour les enfants : "ce serait socialement inacceptable que l'Assurance Maladie se désengage pour les plus jeunes, car il y va de leur réussite scolaire et du niveau de notre société" a-t-il affirmé.

Détaillée par Christian Roméas, Président du Synope, la campagne de mobilisation réaffirme, par son "Manifeste Citoyen", l'importance des valeurs d'égalité d'accès aux soins, de solidarité, de liberté de choix du praticien et des équipements, et de maîtrise des dépenses. "Nous voulons toucher notamment les politiques et les institutionnels, leur faire comprendre que nous voulons participer au débat, avec une attitude constructive" explique-t-il.
Le Manifeste Citoyen peut être téléchargé sur valeurs-de-civilisation.com. Les internautes peuvent le signer en ligne via un formulaire d'adhésion. Le site contient également des témoignages d'opticiens et d'ophtalmologistes, des points de vue d'économistes, des articles d'information, un dessin de presse humoristique hebdomadaire et des films "viraux" futuristes illustrant de façon décalée et amusante le concept de la mobilisation. A terme, le public pourra y déposer ses témoignages. Cette opération sera relayée par des insertions dans la presse, des bannières sur le web et une communauté de 500 "blogueurs". Les opticiens sont pour leur part invités à transmettre l'information à leurs clients. A terme, toutes les adhésions et les différentes contributions seront portées à la connaissance du Ministère de la santé.

Le Pr. Jean-Caude Hache (ophtalmologiste), Bertrand Roy (Président de l'Asnav), Bertrand de Limé et Christian Roméas (tous deux Vices-Présidents de l'Asnav et co-Présidents du CIO) ont lancé ce matin leur appel à une mobilisation nationale contre le déremboursement de l'optique et pour une véritable politique publique de la santé visuelle


Le site valeurs-de-civilisation.com, support de la mobilisation, propose des témoignages, des articles, des dessins et des films humoristiques

source: www.acuite.fr

vendredi 15 février 2008

Chirurgie Réfractive et dépression ?

oeil laser

La chirurgie réfractive multiplierait les risques de dépression : la FDA se mobilise
Suite aux déclarations de nombreux patients, la FDA (Food & Drug Administration), qui régit la distribution de médicaments et les procédures médicales aux Etats-Unis, a décidé de lancer une vaste étude sur les complications de la chirurgie réfractive, qui pourraient selon elle mener à la dépression et accroître le risque de suicide.La FDA a en effet relevé, chez des personnes de tout âge et de toutes conditions sociales, d'importantes complications psychologiques après une intervention de chirurgie réfractive n'ayant pas donné les résultats escomptés. Plusieurs patients déclarent de graves symptômes dépressifs - certains ayant même tenté de mettre fin à leurs jours - suite à des déformations de leur vision ou à une sensation permanente d'oeil sec. Les praticiens se défendent d'un quelconque lien entre ces troubles et l'opération, soulignant qu'ils apparaissent chez des personnes présentant déjà des problèmes psychologiques en amont. La FDA déclare cependant que "la qualité de vie après une opération au laser n'a jamais été réellement évaluée". "Tout patient atteint d'un problème de vision présente des symptômes de dépression. Mais dans le cas des patients 'post-laser', ces symptômes sont en effet aggravés par le remord, car ils ont la sensation d'avoir payé quelqu'un qui leur a volé leur vue" explique Christine Sindt, Professeur agrégé d'ophtalmologie clinique à l'Université de l'Iowa. Depuis une dizaine d'années, de nombreuses études montrent que la chirurgie oculaire est une technique de plus en plus sûre. Selon la Société Américaine de Chirurgie Réfractive, seuls 2 à 3% des personnes présentent des complications après une intervention laser. Ce sont ces cas que la FDA a décidé d'étudier plus sérieusement, en convoquant un groupe de travail rassemblant des représentants du National Eye Institute et du National Institute of Health. Celui-ci va ouvrir une vaste enquête auprès des chirurgiens américains. Une consultation publique sera également lancée par la FDA au printemps prochain pour recueillir des témoignages des patients ayant eu recours à la chirurgie réfractive.

l'opération de la cataracte en image


mardi 17 avril 2007

renouvellement des lunettes

nouveau décret concernant le renouvellement des lunettes chez les Opticiens:

dans le cadre d'un renouvellement et aux règles d'exercice de la profession d'opticien-lunetier


Le Premier ministre, Sur le rapport du ministre de la santé et des solidarités, Vu le code de la construction et de l'habitation, notamment ses articles L. 111-7 et suivants ; Vu le code de la santé publique , notamment ses articles L. 4362-9 à L. 4362-11, Décrète :
Article 1
Dans le cadre d'un renouvellement, l'opticien-lunetier peut adapter la prescription médicale des verres correcteurs à condition que le prescripteur n'ait pas exclu la possibilité d'adaptation par une mention expresse portée sur l'ordonnance. Pour les patients atteints de presbytie, les dispositions de l'alinéa précédent s'appliquent sous réserve que le médecin ait prescrit la première correction de ce trouble de la vision. L'opticien-lunetier est tenu d'informer le médecin prescripteur lorsque la correction est différente de celle inscrite dans l'ordonnance initiale.
Article 2
L'opticien-lunetier est identifié par le port d'un badge signalant son titre professionnel.
Article 3
L'opticien-lunetier déterminant la réfraction reçoit le patient dans l'enceinte du magasin d'optique-lunetterie ou dans un local y attenant, conçu de façon à permettre une prise en charge dans les bonnes conditions d'isolement phonique et visuel. Les locaux sont équipés de manière à ce que l'intimité du patient soit préservée.
Article 4
L'opticien-lunetier s'interdit toute publicité et toute communication destinée au public sur sa capacité à déterminer la réfraction.
Article 5
Le ministre de la santé et des solidarités est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 13 avril 2007.
Dominique de Villepin
Par le Premier ministre :
Le ministre de la santé et des solidarités, Philippe Bas

lundi 5 février 2007

nouveau test pour daltonien

le test le plus connu pour les daltoniens est le Le test d’Ishihara (1917).

voici un nouveau test:

www.opticien-lentilles.com/daltonien_beta/nouveau_test_daltonien.php

Testez votre vision des couleurs

créé par Jean Jouannic, opticien - auteur de ce blog -

ce test ne se contente pas de mettre en évidence le daltonisme, mais il "classifie" le type .

mardi 2 janvier 2007

Vision des couleurs

Vision des couleurs : à tester chez les jeunes enfants

Avant l'âge de 5 ans, il est recommandé de réaliser un test de la vision des couleurs. En effet, l'acuité visuelle n'est pas la seule composante importante d'une bonne vue. Une perception limitée ou anormale des couleurs nécessite une adaptation de l'éducation.

La vision des couleurs : à dépister aussi
La vue des enfants doit être régulièrement testée afin de détecter précocement toute anomalie. C'est ainsi que l'acuité visuelle est aujourd'hui relativement bien surveillée. Mais une bonne acuité visuelle ne garantit pas une vision normale des couleurs.
Le dépistage de la qualité de la vue doit donc comprendre un examen de la vision des couleurs, classiquement avant l'âge de 5 ans. Sans ce test systématique lors des consultations ophtalmologiques, une déficience à ce niveau peut facilement passer inaperçue, et ce d'autant plus que l'acuité visuelle est souvent normale.
On estime aujourd'hui qu'une déficience de la vision des couleurs n'est diagnostiquée avant l'âge de 16 ans que dans 30% des cas. En fait, ce diagnostic est le plus souvent porté vers 45 ans, lors de la première consultation chez un ophtalmologiste pour un début de presbytie (55% des cas).

Une vision anormale des couleurs nécessite une adaptation scolaire
Or une vision des couleurs anormales peut dès les classes primaires nuire à l'apprentissage scolaire, lequel utilise de nombreux codes colorés. Plus tard, cette déficience peut compromettre une orientation appropriée. C'est ainsi que plus de la moitié des jeunes daltoniens dépistés tardivement changent d'orientation à l'entrée dans la vie active...

Il faut savoir que le daltonisme, une anomalie génétique liée au chromosome X, touche 8% de la population masculine (et 0,4% de la population féminine), soit 2,4 millions de sujets masculins, dont 160.000 garçons de moins de 11 ans.

Les tests de dépistage
Trois tests cliniques de dépistage des anomalies de la vision des couleurs sont à disposition des médecins scolaires, généralistes ou pédiatres. Le plus connu est celui du dessin (chiffre ou lettre) placé sur un fond constitué de pastilles colorées. Si les couleurs sont confondues, le dessin n'est pas perçu. Un autre test simple consiste à classer des pions selon la couleur perçue et les ressemblances de tonalité.

En pratique, il est important de réaliser ce dépistage précocement, à partir de 4-5 ans et dans tous les cas, à l'entrée de l'école primaire. L'objectif est d'alerter les parents et les enseignants sur cette limite de la perception des couleurs, afin d'en tenir compte dans le cursus scolaire, d'adapter l'éducation de l'enfant et plus tard son orientation.

source: www.annet.be Santé | 05-12-2006

18% des étudiants sont myopes

La santé des étudiants se serait dégradée en France
Le 07 décembre 2006 - 17:49
Les étudiants seraient particulièrement défavorisés en matière de santé, d'après le rapport d'information de la mission d'information parlementaire sur la santé des étudiants, présenté par le député Laurent Wauquiez à l'Assemblée nationale.


Ce rapport alerte sur la dépression, la mauvaise alimentation, et les problèmes d'alcool auxquels sont confrontés les étudiants, mais aussi à leur mauvais suivi médical, surtout lié à un manque d'argent.

Par exemple, d'après les données recueillies, 43% des étudiants "sauteraient" régulièrement leur petit-déjeuner dans la semaine, et 51% ne déjeuneraient qu'un repas très léger le midi. Mais le plus inquiétant est sans doute le manque de suivi dont ils sont l'objet, puisque 23% des étudiants auraient renoncé à bénéficier de soins de médecine générale en raison de leur coût, et que les soins dentaires et d'optique seraient "sacrifiés". Ce manque de suivi médical est problématique, car 46% des 11-20 ans souffrent de caries, et 18% de myopie.

Le rapport fait également état d'une consommation excessive d'alcool chez les jeunes, et d'un recours important et souvent répétitif à l'avortement. Enfin, les étudiants seraient très sujets à la dépression. 77% d'entre eux se seraient sentis "déprimés" au cours des douze derniers mois, alors que le suicide est la première cause de mortalité des 15-24 ans, avec 11.000 décès par an.

Face à ces problèmes, des propositions sont émises, et notamment l'idée de créer des "chèques santé", d'un montant de 100 euros, pour tous les étudiants défavorisés. Ceux-ci n'en paieraient que la moitié, grâce à un système comparable à celui des tickets restaurant pour les salariés.

La mission d'information s'est également prononcée pour une meilleure politique de prévention de la santé auprès des étudiants, et la mise en place "d'une visite médicale systématique et obligatoire, un bilan buccodentaire et d'optique".

Ce rapport d'information fait écho à un autre rapport, publié hier par le Haut conseil de la population et de la famille, et concernant l'intervention volontaire de grossesse (IVG). Soulignant que trois grossesses de mineures sur cinq aboutissent à un avortement, un chiffre qui ne baisse pas depuis dix ans, le Haut conseil a demandé à ce que les jeunes femmes soient mieux informées en matière de sexualité. D'après le rapport, un avortement cause des séquelles psychologiques beaucoup plus importantes chez une femme mineure que majeure. De ce fait, le Haut conseil préconise une contraception gratuite et anonyme pour toutes les mineures, qui sont quelque 13.000 à avorter chaque année.
Source Relaxnews